Issue de secours monétaire. Les stablecoins sont ces cryptomonnaies stables qui offrent les avantages de la blockchain sans en subir la volatilité. Leur secret tient en un mot : l’adossement. Chaque jeton se cale sur une monnaie « fiat », dollar ou euro, dont il copie la valeur. Et une fois encore, c’est l’Afrique qui se révèle être un terrain fertile pour ce type d’innovation. Explications.
- L’Afrique a révélé un potentiel extraordinaire pour l’adoption des cryptomonnaies, offrant une solution face aux systèmes financiers traditionnels défaillants.
- Les stablecoins locaux, adossés à des monnaies africaines, ont émergé comme une réponse adaptée aux défis économiques, promettant des transactions rapides et abordables.
L’Afrique, terre d’adoption crypto
Sur le continent africain, les cryptomonnaies ont trouvé un terreau particulièrement favorable. Elles y sont massivement utilisées pour pallier les défaillances des systèmes financiers traditionnels, là où les banques restent inaccessibles à une large part de la population.
Les chiffres de Chainalysis confirment cette tendance : l’Afrique subsaharienne est la région où l’usage des cryptomonnaies pèse le plus lourd au regard de la taille de son économie. Les transferts de fonds y occupent une place centrale, signe que les habitants ont fait du jeton un outil du quotidien plutôt qu’un objet de spéculation.
Les stablecoins, eux aussi, s’y taillent une place de choix. Ceux adossés au dollar servent de bouclier contre l’inflation et la dévaluation des monnaies locales, deux fléaux qui rongent l’épargne de millions de personnes.
Mais ces solutions ne sont pas exemptes de défauts pour autant. Les frais de transaction restent parfois élevés, les délais de confirmation s’allongent, et les régulations locales compliquent l’accès aux cryptomonnaies dans plusieurs pays.

Les stablecoins locaux : Une solution adaptée ?
Face à ces obstacles, de nombreux acteurs misent désormais sur des stablecoins locaux, adossés à des monnaies africaines plutôt qu’au billet vert. L’idée : proposer une alternative qui colle aux réalités du terrain. On se rappelle les déclarations d’intention des banquiers centraux du continent il n’y a pas si longtemps.
Le cNGN, jeton arrimé au naira nigérian, a par exemple ouvert la voie en février 2024 pour fluidifier les paiements internes. Ce type d’actif promet de réduire les frais de conversion et de simplifier les transferts entre pays voisins, là où le passage par le dollar ajoute aujourd’hui une couche de coûts.
Des projets comme Celo et Stellar bâtissent d’ailleurs en parallèle les infrastructures correspondantes et leur objectif tient en deux mots : des paiements rapides et bon marché, pensés pour les usages africains et non plaqués depuis l’étranger. Notons enfin que les grands acteurs mondiaux de la crypto ont bien compris les besoins particuliers du continent, et qu’ils se pressent pour proposer leurs services.
L’Afrique pourrait ainsi devenir un des laboratoires mondiaux des stablecoins. Adoption en hausse, besoins concrets, monnaies locales fragiles : le continent réunit les ingrédients d’un terrain d’expérimentation idéal, où ces technologies financières trouveront peut-être leur forme la plus aboutie avant de s’exporter ailleurs.
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