Le chat a changé de souris. Le Parti communiste chinois a publié dimanche 1er novembre la résolution de son cinquième plénum, et les monnaies virtuelles y figurent en toutes lettres parmi les canaux de corruption à combattre. Le texte émane du Comité central lui-même, après des années de partie de Go entre Xi Jinping et la crypto.
- Le Parti communiste chinois a inclus les monnaies virtuelles dans sa lutte contre la corruption, marquant un tournant historique dans sa politique de surveillance numérique.
- Aucune nouvelle interdiction de trading de crypto-monnaies n’a été imposée pour les détenteurs chinois, mais le contrôle des capitaux transfrontaliers s’annonce beaucoup plus strict.
Plénum du Parti communiste : la crypto entre dans le texte
Le Comité central a adopté le texte le 29 octobre, à l’issue du cinquième plénum du 20e Comité central réuni à Pékin du 26 au 29 octobre. L’agence Xinhua l’a publié dimanche. La phrase qui intéresse le secteur tient en une ligne. « Nous frapperons résolument la corruption commise via Internet, les monnaies virtuelles, les capitaux transfrontaliers et la blockchain. »
Le reste du chapitre vise les pots-de-vin dissimulés, les actifs détenus par des prête-noms et les intermédiaires qui maquillent des paiements en transactions légitimes. Le Parti promet des systèmes de supervision numérique, des plateformes de big data pour surveiller l’exercice du pouvoir et une coopération internationale renforcée pour traquer les fugitifs et récupérer les avoirs à l’étranger.

Les cadres du Parti dans le viseur
Le texte vise d’abord les fonctionnaires. L’AFP relève que la résolution prévoit d’examiner les cadres dont « le patrimoine et les dépenses familiales dépassent largement leurs revenus normaux », de surveiller les affaires de leurs conjoints et enfants et de « mieux encadrer le comportement en ligne des membres du Parti ». La crypto y apparaît comme un outil de dissimulation parmi d’autres, au même rang que les capitaux envoyés à l’étranger.
Le précédent existe. En janvier 2026, la télévision publique CCTV détaillait le cas de Yao Qian, ancien responsable de la monnaie numérique de la banque centrale passé ensuite au régulateur boursier, qui aurait reçu 2 000 ETH en pots-de-vin. Une affaire que nous avions suivie lors de sa chute pour corruption.
Aucune nouvelle interdiction pour les détenteurs chinois
Aucune nouvelle interdiction de trading. Le texte ne nomme ni exchange, ni USDT, ni bureau de gré à gré. Les règles de février 2026 pilotées par la Banque populaire de Chine restent inchangées.
Pour les détenteurs chinois, le message est indirect mais clair. Les stablecoins en dollars restent le moyen le plus simple de sortir des capitaux du pays, et c’est précisément ce que visent les « capitaux transfrontaliers » du texte. Hong Kong, de son côté, continue d’accorder des licences aux plateformes crypto, ce qui fait de la frontière entre les deux systèmes une zone que les enquêteurs de Pékin vont regarder de beaucoup plus près.
Une purge qui prépare le Congrès de 2027
Le calendrier compte autant que le texte. Le même plénum a entériné l’exclusion de 33 dignitaires supplémentaires, dont l’ancien membre du Bureau politique Zhang Youxia, rapporte l’AFP. Des analystes y voient un moyen de préparer un nouveau mandat de Xi Jinping au 21e Congrès du Parti, prévu au second semestre 2027.
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